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L’histoire de Buddies

Buddies ça a commencé par un groupe d’amis qui ont décidé de créer un réseau en 2020 avec aucune expérience. Sacha qui lead la société et le produit, Lucas la tech, Mathieu le marketing et Raph le design.

À l’origine, notre idée était simple : créer un réseau social dédié à l’événementiel entre amis. Les utilisateurs pouvaient créer des événements, inviter leurs amis, rejoindre ceux de leur entourage et consulter une carte pour voir tous les événements autour d’eux et s’y joindre.

Sur le papier, tout le monde adorait. À chaque fois qu’on en parlait, les retours étaient enthousiastes.
Mais une fois l’application lancée, la réalité nous a vite rattrapés.

Le produit ne répondait pas à un vrai besoin. Les gens étaient déjà très bien organisés via Messenger, WhatsApp ou d’autres applications de messagerie. On n’apportait rien de suffisamment différent pour changer leurs habitudes.

En analysant les usages et les retours, on s’est rendu compte d’une chose essentielle :

Notre cible avait bien un problème mais pas celui qu’on avait imaginé.

Ce qu’ils voulaient vraiment, c’était un moyen simple de centraliser toutes les photos de leurs événements, en temps réel. Éviter d’avoir des centaines de photos dans leur galerie, des drives éparpillés, ou des envois massifs de photos à la fin de chaque soirée dans des conversations WhatsApp ou Snapchat.

On a donc complètement repensé l’application autour de cette nouvelle proposition de valeur.

Les utilisateurs étaient globalement satisfaits, mais malgré ça, le succès n’était toujours pas au rendez-vous.
En creusant, on a compris pourquoi : pour les nouveaux utilisateurs, Buddies ne se distinguait pas assez des autres réseaux sociaux existants.

C’est à ce moment-là qu’on a vraiment commencé à se remettre en question.

Pas seulement le produit, mais notre manière même de le construire.

On a compris que les retours les plus précieux ne venaient pas de notre entourage ou de gens “bienveillants”, mais de notre public cible réel.

On a donc pris une décision radicale : n’écouter qu’eux.

Pour récolter un maximum de retours sincères, on est allés directement à leur rencontre, dans la rue.

Interview après interview, on a appris à prendre des décisions basées sur des faits, pas sur des suppositions.

C’est à partir de là que notre véritable expertise produit a commencé à se construire.

Rapidement, on s’est aussi rendu compte d’un problème récurrent :

• Les gens avaient tendance à vouloir nous faire plaisir. Ils disaient que tout était génial, comme lors de notre première idée autour de l’événementiel ce qui rendait les retours peu exploitables.

Pour éviter ça, on a instauré une règle claire dès le début de chaque entretien.

On expliquait que l’objectif était d’avoir des retours honnêtes, même (et surtout) s’ils étaient négatifs.

On demandait également à chaque personne de noter chaque fonctionnalité sur une échelle de 1 à 10.

Si la note était inférieure à 9, on considérait que ce n’était pas encore assez bon et qu’il restait des choses à creuser.

Au fil des interviews, un concept a commencé à émerger.

Un concept qui, cette fois, obtenait régulièrement des notes entre 8 et 10 auprès de notre cible.

Le produit final est devenu un réseau social permettant de revivre tous les moments forts de sa vie, avec chaque ami.

Chaque événement vécu ensemble générait une collection de photos partagées entre les participants. Ces photos s’ajoutaient automatiquement à une mémoire commune par ami, permettant de retrouver, pour chaque relation, l’ensemble des événements vécus ensemble, le nombre de moments partagés et l’accès direct aux souvenirs associés. En consultant les profils, il devenait alors naturel de voir avec qui une personne passait le plus de temps, en fonction des événements réellement vécus.

Ce nouveau concept a été très bien accueilli par les utilisateurs, plus de téléchargement et une meilleure rétention.

Pourtant, malgré cet enthousiasme, la croissance n’était pas au rendez-vous.

Les retours étaient sincèrement positifs, mais quelque chose bloquait, et on avait du mal à comprendre quoi.

On a d’abord tenté d’améliorer la rétention en lançant une fonctionnalité de stories de la semaine. Mais le problème restait le même : trop peu de contenu sur la plateforme.

En interviewant nos utilisateurs et en analysant leurs comportements, on a fini par identifier le vrai frein à la croissance :

• L’absence d’une activation immédiate pour les nouveaux utilisateurs.

Notre concept obtenait des notes entre 8 et 10 quand il permettait de revivre tous les souvenirs partagés avec un ami. Mais pour un nouvel utilisateur, il n’y avait aucun historique. Aucun souvenir. Rien à voir.

Pour vraiment comprendre la valeur, il fallait publier au moins cinq fois avec un ami. C’était beaucoup trop long.

D’autant plus que, lorsqu’un utilisateur revenait sur l’application au quotidien, il n’y avait souvent pas grand-chose de nouveau à voir.

Pour résoudre ce problème, on a pris une décision :

Cacher toutes les publications de la semaine et ne les révéler qu’un seul jour, le dimanche.

L’idée a d’abord été très critiquée par notre entourage et par certains anciens utilisateurs. Mais fidèles à notre méthode, on est allés tester le concept directement dans la rue.

Les réactions ont été sans appel : des notes de 9 et 10 sur 10, de manière quasi unanime.

Dans les échanges qui ont suivi, un point est revenu systématiquement.

Même sur des réseaux sociaux dits « authentiques » comme BeReal ou Snapchat, les utilisateurs ressentaient une pression sociale pour publier.

Ils prenaient plusieurs photos, hésitaient, recommençaient et passaient finalement beaucoup trop de temps à vouloir “avoir la photo parfaite”.

On a alors compris quelque chose de fondamental.

La publication différée changeait complètement la donne.

Les utilisateurs pouvaient poster sans pression, de manière spontanée, sans chercher le cliché parfait.

Lors de nos entretiens, cette spontanéité est rapidement devenue l’aspect préféré de notre concept.

Nous avons donc introduit deux changements forts :

• La révélation des photos uniquement le dimanche,
• Et le masquage du rendu des photos au moment de l’envoi.

Envoyer une photo sans connaître son rendu est devenu la clé de l’authenticité. Et surtout, nous avions enfin résolu notre problème d’activation.

Dès son inscription, un nouvel utilisateur peut simplement prendre une photo.

Il constate immédiatement que l’aperçu est masqué — une rupture totale avec tous les autres réseaux sociaux.

Puis, en ajoutant sa photo au recap de la semaine, il comprend instantanément qu’elle ne sera visible que le dimanche.

En quelques secondes, il expérimente le cœur du produit :

La spontanéité, le suspense, et le plaisir de revivre ses moments plus tard.

Nous venions d’atteindre notre product market fit :